Les tourbières sont des milieux en constante évolution. C’est l’accumulation de détritus, issus de certaines mousses (sphaignes) qui forment la tourbe, en s’accumulant sous la partie vivante de ces plantes et au fonds de l’eau. Cette dernière, acide et pauvre en azote, ne permet pas leur minéralisation : ces particules restent donc végétales pendant des siècles…
Les tourbières ont toujours alimenté les croyances locales. Ces lieux sont empreints de mystère et posaient bien des énigmes à la population locale, au cours des siècles passés.
Certaines ont été exploitées artisanalement pour la confection de blocs de tourbe qui, une fois séchés, constituaient des « briquettes » de bien maigre pouvoir calorifique, pour alimenter les fourneaux. L’essor de la houille et du charbon de bois a signé la fin de ces exploitations.
Exécutée raisonnablement, ces extractions n’étaient pas négatives du point de vue écologique. En ouvrant quelques fosses, des plantes très hygrophiles, qui étaient vouées à disparaître du fait du comblement naturel de la tourbière, pouvaient ainsi à nouveau prospérer dans leur biotope favori.
Ces fosses d’extraction étaient en somme assimilées aux gouilles naturelles (trous d’eau) des tourbières plus jeunes. Les parties situées aux abords de ces gouilles se dérobent sous nos pieds lorsque nous les foulons (procurant d’étranges sensations aux promeneur courageux) : ce sont les « tremblants », si bien dénommés !
Une tourbière met plusieurs milliers d’années avant d’immanquablement se combler et évoluer vers un haut-marais, turfigène (qui produit de la tourbe) et plus sec. Les plus anciennes des « Mille étangs » sont issues de la dernière glaciation, il y a 12 000 ans, mais d’autres sont plus récentes et sont à un stade d’évolution jeune.
Ce large éventail existant sur notre territoire confère à ces tourbières une richesse écologique considérable. De nombreuses espèces végétales et animales, présentes uniquement dans ces milieux y vivent et sont inscrites au livre rouge des espèces menacées en France ; elles jouissent de différents statuts de protection (départemental, régional, national et européen).
Leurs divers intérêts (écologique, culturel, éducatif, floristique, faunistique…) font des tourbières des sites à protéger prioritairement. En outre, par leurs propriétés d’éponges immenses, les sols tourbeux captent d’énormes quantités d’eau et la restituent doucement. Ils participent ainsi à la limitation des crues et limitent l’étiage en été. Vous l’avez compris, il serait absurde de détruire une tourbière…
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