Tourbières

Si, après les étangs, nous devions nous prévaloir d’un élément emblématique paysager de la CCME, il s’agirait certainement des tourbières.

Tourbières des Grands Faings
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Beulotte Saint Laurent

En effet, ces biotopes tourbeux occupent près d’une cinquantaine de sites, sur le territoire de nos 16 communes. Noter que les départements de la Haute-Saône et du Territoire de Belfort réunis, comptent au total 107 sites tourbeux. La superficie moyenne des tourbières de notre communauté de communes est de 2,3 hectares. Notre périmètre communautaire totalise donc environ 115 hectares de tourbières, à des stades d’évolution différents.

Les tourbières des Vosges Saônoises sont le plus souvent topogènes, c’est-à-dire qu’elles se forment au profit d’une cuvette glaciaire qui retient l’eau. Leur mode d’alimentation essentiel est dû aux fortes précipitations que l’on connaît sur les contreforts sud vosgiens (entre 1500 et 1700 millimètres par an, selon l’altitude ; ce mode d’alimentation donnes à ces sites la définition de tourbières ombrogènes. Il existe aussi, en marge de nos étangs, des tourbières limnogènes ; ces dernières, très intéressantes sont constituées d’un radeau végétal flottant.

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A gauche : "Genèse du Marais" source : Document pédagogique intitulé Marais de Lavours - Mise en scène, Réserve naturelle du Marais de Lavours, 1997.

Géomorphologie Glacière
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L'illustration à gauche et celle ci-dessous sont tirées de : Le monde des tourbières et des marais, par O. Manneville, coordinateur, Delachaux et Niestlé S.A, 1999.
Tourbière de Montagne
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Les tourbières sont des milieux en constante évolution. C’est l’accumulation de détritus, issus de certaines mousses (sphaignes) qui forment la tourbe, en s’accumulant sous la partie vivante de ces plantes et au fonds de l’eau. Cette dernière, acide et pauvre en azote, ne permet pas leur minéralisation : ces particules restent donc végétales pendant des siècles…

Les tourbières ont toujours alimenté les croyances locales. Ces lieux sont empreints de mystère et posaient bien des énigmes à la population locale, au cours des siècles passés.

Certaines ont été exploitées artisanalement pour la confection de blocs de tourbe qui, une fois séchés, constituaient des « briquettes » de bien maigre pouvoir calorifique, pour alimenter les fourneaux. L’essor de la houille et du charbon de bois a signé la fin de ces exploitations.

Exécutée raisonnablement, ces extractions n’étaient pas négatives du point de vue écologique. En ouvrant quelques fosses, des plantes très hygrophiles, qui étaient vouées à disparaître du fait du comblement naturel de la tourbière, pouvaient ainsi à nouveau prospérer dans leur biotope favori.

Ces fosses d’extraction étaient en somme assimilées aux gouilles naturelles (trous d’eau) des tourbières plus jeunes. Les parties situées aux abords de ces gouilles se dérobent sous nos pieds lorsque nous les foulons (procurant d’étranges sensations aux promeneur courageux) : ce sont les « tremblants », si bien dénommés !

Une tourbière met plusieurs milliers d’années avant d’immanquablement se combler et évoluer vers un haut-marais, turfigène (qui produit de la tourbe) et plus sec. Les plus anciennes des « Mille étangs » sont issues de la dernière glaciation, il y a 12 000 ans, mais d’autres sont plus récentes et sont à un stade d’évolution jeune.

Ce large éventail existant sur notre territoire confère à ces tourbières une richesse écologique considérable. De nombreuses espèces végétales et animales, présentes uniquement dans ces milieux y vivent et sont inscrites au livre rouge des espèces menacées en France ; elles jouissent de différents statuts de protection (départemental, régional, national et européen).

Leurs divers intérêts (écologique, culturel, éducatif, floristique, faunistique…) font des tourbières des sites à protéger prioritairement. En outre, par leurs propriétés d’éponges immenses, les sols tourbeux captent d’énormes quantités d’eau et la restituent doucement. Ils participent ainsi à la limitation des crues et limitent l’étiage en été. Vous l’avez compris, il serait absurde de détruire une tourbière…

Quelques exemples d’espèces inféodées aux tourbières :

* végétales : droséras (rossolis), sphaignes, canneberges, gouilles et tremblants, lycopode inondé, utriculaires, scheuchzérie des marais, andromède, etc...

Drosera rotondifolia
cliquez pour agrandir l'image Drosera rotondifolia
Canneberges
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Gouilles et tremblants
cliquez pour agrandir l'image Gouilles et tremblants
Sphaignes
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* animales : pipit farlouse, bécassine des marais, lézard vivipare, grand tétras, et pour les plus petites : nombreux odonates (libellules) et lépidoptères (papillons), dont l’existence est souvent liée à la présence d’une seule plante.

Respectez les tourbières (souvent privées) et restez prudents !

Communauté de Communes
des 1000 Etangs


Maison de Pays
23, rue Jeannot Lamboley
70310 FAUCOGNEY ET LA MER

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Fax : 03 84 49 31 87
E-mail : info@cc-1000etangs.fr